l'alcool s'écoule dans les caniveaux de la métropole
on croirait un lendemain de révolution
les survivants se couchent sans retirer leurs groles
c'est en fait que la veille d'un ennui profond
ce soir les mutants ont tous les mains moites
et le regard bien plié au fond de leurs poches
ils ont pas eu le temps de regarder sur la carte
où etait le confessionnal le plus proche
cette nuit ressemble a un déreglement gastrique
au sourire crispé de l'infirmière de nuit
qui tire sur son tablier en lates syntétique
et te demande ton pass pour le pavillon des junky
alors j'eteins la lumière
pour y voir un peu moins clair
un café et bonne nuit
le spectacle est fini
dehors, des pauvres petites soeurs fatiguées
accouchent sur les bancs publiques
de soupirs androgynes, de monstres allucinés
crachant dans la nuit des hurlements cyniques
ce soir plus personne ne distingue le trip du réel
la vérité s'invente dans les défonce party
les ambulances font des rondes et ramassent a la pelle
les types un peu confus qui trainent sur les tapis
ça fait mille ans que j'ai la corde au cou
et un sourir figé que j'offre à mes parents
pour les beaux jours de fetes et les anniversaires
mais le reste du temps je garde mon masque de fer
j'ai un fligue sur la temps depuis deja longtemps
mais je fais semblant de rien, je fais croire que j'ai 16 ans
alors que j'ai deja des siècles et des siècles sous la peau
qui commencent a flétrir et a peser un peu trop
ça fait bien longtemps que j'ai de l'arsenic dans les veines
mais je vis avec et je traine mes semelles
à travers les couloirs d'une école en ruine
et je souris au cadavres pourrissants
qui me font copier des lignes
j'ai toujours l'air d'un monastère un jour de deuil
d'une cérémonie funèbre ou je suis le seul
à sourire poliment et à souffler la poussière
sur les visages confus des morts solitaires
les hotels vomissent du goudron et des plumes
sur les passants agards qui traient leurs valises
les anges se bourrent la gueule a titre posthume
on n'entend plus que les cris des cafards qui agonisent
alors j'eteins la lumière pour y voir un peu moins clair
un café et bonne nuit
le spectacle est fini.
je sais qu'une ambulance m'attend quelque part ches les fantomes
elle imbibe deja les cotons de morphine et de mercurochrome
mais moi je suis bloquée chez les fous au fond d'une cellule
où ils jouent au poker mon cerveaux et mes globules
ils risquent d'etre déçus,mais ça a l'air de leur faire plaisir
de faire marcher encore une fois l'usine a mauvais souvenirs
alors j'attends que le pauvre tristant saute du haut du pont
et qu'il me téléphone pour me donner ses impressions
pour qu'il me dise si le néant est aussi vide que moi
et si là bas aussi on vous plante dès les premiers pas
alors je remonte mes couvertures et je récite ma leçon
comment ne pas montrer qu'on a pété les plombs
les années s'allongent et les panneaux s'allument
dans l'aéroport qui me ramène sur la lune
le petit génie n'a pas pris ses somnifères
il se peut que cette nuit je finisse pas m'envoyer en l'air
au lieu de regarder les mouches qui se jetent dans le vide
et mes visions perdues qui m'achèvent a grands coups de speed
alors j'eteins la lumière pour y voir un peu moins clair
un café et bonne nuit
le spectacle est fini.
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