libre
LIBRE
cette nuit encore, mon lit restera videje sors, je pars, je m'envolece soir encore, c'est le bal des vampireset je m'en vais hanter le dehors
je n'oublie rien, ma tête, mon sac à mainnon, tout est là, la nuit m'attendet les marchands d'étranges petits matinsla gorge en feu et l'âme au vent
la nuit est belle, et moi je cours au milieu d'elleje sais que rien ne m'arrêterasi ce n'est peut-être le café des âmes en peineet ses boissons qui vont par trois et bonjour les dégâtsmais tant pis pour la cassemoi, le soir j'ai froidet j'aime qu'on me ramasseà la pelle sous les tilleulscomme une princesse endormielà, soudain je ne suis plus seuleet soudain la nuit est finieje peux rentrer chez moi dans mon petit appartementbercer ma gueule de boisdans mon lit d'enfant
et je me sens libre, libre, libreje me sens libre, libre, libreje me sens libre, libre, librec'est enivrant
cette nuit encore, je vais réchauffer mon corpsen dansant jusqu'à tomberje vais encore réveiller la furie qui dortet qui n'en peut plus de se cacher
elle va bondid sur la piste comme un ressortet s'agiter au milieu des pauméselle en prendra un sûrement ivre mortpour partager son oreiller
et cette fois-ci, peut-être que la nuit sera moins longueet les draps seront moins glacésla furie va enfoncer ses onglesdans la peau du pauvre étrangerqui, au matin
aura plié bagageset mon sac à mainadieu mon maquillagemais la furie enfin sageaura repris des espritset c'est moi dans le ciragequi ramasserais les débrisde ma nuit sur le carrelagemais avec le sourire accroché au visagecar je pourrai dire
je suis libre, libre, libreje suis libre, libre, libre
je suis libre, libre,librec'est grisant...
ce matin encore je me sens un peu à l'enverset tout est gris autour de moion dirait qu'on a secoué mon universet que plus rien n'est au bon endroit
il y a un trou au beau milieu d'hierun grand trou noir qu'on ne referme pasj'ai égaré quelques heures à l'arrièred'une voiture que je ne connais pas
alors comme pour remplir un peu les videsje sors du fond d'un tiroirune canette verte au goût acidepetit remède au idées noireset c'est repartipour un tour de manègeà cheval sur le tapiscomme dans un drôle de rêveet jusqu'à l'épiceriec'est un voyage merveilleurxla furie est raviedans l'automne délicieuxabreuvé de soleilémeché par le ventenivré de tant de cielet soûlé d'être vivant...
je suis libre...libre...libre...je suis libre...libre...libre...je suis libre...libre...libre...
mais jusqu'à quand ?

10/10 sur 3 votes
Sélectionnez une note puis validez par "Noter"
Aucun commentaire
Dernière mise à jour de cette rubrique le 31/08/2008