SADLI
sadli vivait sans une ville triste, où ne poussait que solitude et lassitude. On y vendait du gris et de la poussière, et les bars servaient du silence dans des verres translucides.
Les gens erraient, la tete basse, serrés dans leurs vetements trop petits, ou déguisés en morts, dans les rues sombres de la ville.
Il pleuvait souvent dans cette ville, et quand il ne pleuvait pas, il faisait gris, et quand il ne faisait pas gris ,il faisait un temps pâle, presque blanc, écoeurant.
Sadli s'ennyait a mourir dans cette ville, à mourir et à pleurer, il hésitait d'ailleurs souvent entre mourir et pleurer. N'ayant pas encore la permission de mourir, il ne pouvait que pleurer,c'est pourquoi, à 18ans, sadli commençait à manquer de larmes.
Il se demandait sans cesse comment faisaient les habitants de sa ville pour supporter cette vie, pour s'habituer à ces tonnes de peine déversées sur eux chaque jours.
Il se réveillait tous les matins, les larmes aux yeux, troublé par les cauchemars de sa nuit ou par la tristesse de quitter un sommeil où sa ville n'existait plus et où il ne pensait plus, pour rejoindre sa triste réalité. Il jetait un oeil par la fenetre , histoire de voir si sa ville n'avait pas changée pendant la nuit, si elle ne se serait pas par hasard colorée pendant qu'il dormait, ou peinte d'un sourire bien-heureux. Mais elle etait chaque matin la meme qu'hier, telle qu'elle avait toujours été, sale, triste; lasse et mouillée de larmes.
Sadli aurait voulu trouver les mots justes pour décrire sa ville, les mots qui auraient pesés autant que la ville pesait sur lui, et il en aurait fait des poemes interminables et gris, pour changer sa douleur en quelque chose de beau, que sa peine serve au moins a quelque chose. Ce qui fait mal est supportable quand on le rend agréable à regarder.
Sneak city, verse l'ennui,
se change chaque soir en insomnie
et dépose sans cesse sur mes épaules
un silence tiède et frôle
à chaque pas les limites de la douleur
écoeurante comme un enfant en pleurs
sneak city vous changera tous en soupirs las
quand à bout de souffle elle s'effondrera
après avoir fait souffrir plus qu'il n'en est possible
après avoir déchiqueté toutes ses cibles
détruit, écrasé ses enfants
et fait taire chacun de ses habitants
sneak city est un serpent endormi
qui il y a mille ans nous a ppris
qu'il ne servait à rien de le fuir
il nous étoufferait jusqu'au dernier soupir
on ne peut pour lui échapper
qu'attendre la fin et respirer
le silence écarlate et la fumée bleue
ou avaler des pillules qui font fermer les yeux.
Sadli aurait voulu écrire un poème comme celui là, il l'aurait chanté au dessus des toits de sa ville, hurlé jusqu'à ce que le serpent se réveille et l'avale. Sadli en avait vraiment assez de ce rythme trop lent, qui changeait le bruit de ses pas en un folement presque inaudible, jamais dansant, toujours lent, toujours ennuyeux a mourir.
A sneak city, sadli allait a l'école, coupable de s'y ennuyer comme partout ailleur, triste de n'y trouver personne avec qui partager sa douleur. Il avaitcru aimer les gens de sneak city, surtout les jeunes, ceux qui n'ont pas encore eu le temps de s'habituer à l'odeur de la ville et croient encore qu'ils ne s'y habitueront jamais, mais sneak city était si sournoise qu'elle faisait des gens, des autres.
Les habitants de sneak city ne pouvaient voir les autres qu'à travers un brouillard gris , ils n'etaient à leurs yeux que des autres, des images loitaines dont on ne peut imaginer qu'ils aient des pensées , des émotions. On se sentait très seul à sneak city.
Sadli n'avait donc personne pour se sortir un peu de sa ville, pêrsonne ne semblait meme vouloir se sortir de la ville. Il commençait meme à croire que tout le monde était résigné, et s'accomodait de la peine et de la poussière.
Sneak city fabriquait des êtres blasés, certains devenaient haineux a force de lassitude, certains devenaient morts à force de solitude,mais personne ne sortait heureux de sneak city.
Pourtant on ne trouvait pas un être pour se révolter,meme pas un pour s'en étonner. Seul sadli ne semblait pas y voir une situation normale et paraissait refuser une pareille vie.
Sadli aurait voulu avoir des souvenirs, pas ceux qui pressent le coeur et font regretter d'avoir été en vie avant l'instant présent.
Sadli détestait le passé, il lui faisait mal avec son parfum triste de chose qu'on ne reverra plus. Il l'enviait aussi d'avoir pu fuir sneak city, mais il lui en voulait de l'avoir trahi. Tous ces instants vécus s'étaient tirés et l'avaient laissé seul dans la ville, au milieu des minutes pleine d'inconnu où sneak city lui réservait peut etre le pire ennui, la pire douleur.sadli détestait beaucoup de choses, mais il ne voulait pas devenir haineux, plein de ressentiment, sa haine pourtant était difficile à retenir et etait toujours tournée vers les gens, pourtant sadli savait que ce n'etait pas eux qu'il fallait haïr, car ils vivaient le meme supplice que lui, ils étaient victimes tout comme lui, et si quelque chose pouvait l'aider à éloigner son cafard, c'était bien les autres, meme lointains et effacés comme ils étaient.
Mais qu'est ce qu'il faut faire pour etre heureux ? Se demandait sadli. Je m'appelle sadli Backsick et je vais devenir alcoolique, accro à la fumée bleue et aux pillules qui font fermer les yeux.
Tout à sneack city est un appel aux substances interdites.
Puisque la joie n'est pas accessible, il n'y a d'autres choix que celui de se procurer une joie artificielle.
A sneack city coule un fleuve écarlate. Le respirer ou juste s'en approcher, te plonge dans untrouble étrange, comme des bras de coton qui te berceraient. Tu crois te changer en une statue molle dont la pensée est resté bloquée il y a longtemps.
Entre les pavés ou sur le rebords des trottoirs poussent des petis champignons bleus, qui tintent comme des clochettes quand on les cognent et de fondent en un liquide sucré comme du miel dans la gorse. Ils te font t'envoler et chantent de leur petite voix de cristal « bon voyage, bon voyage, dit bonjour de notre part aux nuages » mais ils étaient très durs à trouver, et sadli passait des heures chaque jour à rechercher les champignons bleus.
« si tu savais, mon gars, à quel point sneack city est une ville de merde. Si tu savais t'essayerais jamais de t'y aventurer. Mais il se trouve toujours des tarés pour y venir et le regretter à en mourir.
Le plus terrible à sneack city, est peut etre le temps. Il s'étire, traine , s'écoule si lentement qu'on croirait qu'il prend plaisir à nous voir durer dans notre souffrance et crever dans les rues de sneack city.
Pourtant on vieilli si vite, dans cette ville. Les minutes s'allongent mais l'âge défile et les vetements craquent sous la poussée de nos corps. J'ai meme vu un jour un enfant qui marchait sur le trottoir arriver au bout de la rue ridé et courbé comme un vieillard. Son short s'était fendu, ses cheveux étaient tombés et sa sucette lui servait de canne.
Moi j'ai déjà presque 19ans, et d'ici peu, j'aurai tant d'années derière moi que je pourrais meme plus les compter.
Le seul bon coté qu'on peut trouver à sneack city,c'est qu'on y est souvent amoureux. Ça paraît bien comme ça, mais en fait, c'est la merde. Sneack city t'envoie des créatures, des êtres qui te font des sourires dans les bars ou te laissent un bout de leur parfum par hasard, et puis disparaissent ou encore ne disparaissent pas, mais c'est alors bien pire.
Ils te trainent derrière eux, te laissent pourir dans leur ombre,sans jamais se retourner.
A sneack city, on crève d'amour, mais d'un amour insensé, qui t'écrase et ne sert à rien.
J'habite rue cohlic gush, la rue la plus grise de sneack city, dans le quartier le plus puant.
Je suis né dans un berceau de toiles d'araignées. Je m'appelle sadli Backsick et je vous emmerde tous. Je suis le futur serial killer de sneack city, je tuerai une série d'habitants de sneack city. J'égorgerai les vieilles dans les toilettes publiques. Je tuerai sneack city. Je tuerai la rue cohlic grush. Je plastiquerai les bars, arracherai un a un tous les panneaux de sneack city, et tout le monde sera encore plus perdu dans cette interminable ville. Et un jour je serai heureux à sneack city, et ça, c'est le plus grand crime qu'on puisse y commettre.
Sadli vous tuera tous. Sadli sera heureux ou gavé de fumée bleue. Sadli existe et il a pas fini de le faire savoir; et je vous le dis, je me laisserai pas avoir, comme tous ces pauvres cadavres de sneack city. »
qui sait si il a raison... qui sait si sneack city ne sera pas plus forte que lui...
sadli a encore quelque chose a dire. »mais qu'est ce que je vais faire ? Les choses peuvent pas continuer comme ça. je veux pas vieillir dans la douleur.
La vie est si courte à sneack city.
Il faut quelque chose...quelque chose... mais quoi ?
Je sais pas »
sadli était à l'école, pourrissant sur un banc, au milieu des rires déchirants des étudiants, et priant pour ne jamais devenir grand.
Soudain, de l'ombre sortit un être. Un garçon apparemment. De son âge visiblement.
Il ne l'avait jamais vu dans cette école, ni ailleurs. Il s'en serait souvenu, c'est certain, car ce garçoon avait une allure très particulière.
Il était mince, avait les cheveux noirs, courts, en bataille sur sa tete, un peu comme sadli. Il avait un visage fin, des yeux très noirs, et portait une veste noires aux manches rouges, trop grande pour lui, un pantalon noir a rayures grises, aussi trop large pour lui, ainsi que de grosses chaussures argentées. Il portait un collier étrange et coloré ainsi que de nombreuses boucles d'oreille.
Il était immobile, dans l'encadrement de la porte, regardant au loin.
Sadli l'observait, soudain, le garçon regarda sadli et lui sourit.
Enfin, se dit sadli. Enfin quelqu'un qui me voit, me regarde. Il sentit une bouffée d'existence l'envahir. Il sourit à son tour au garçon, d'un petit sourire pâle qui n'avait pas vu le jour depuis longtemps.
Le garçon s'approcha alors de sadli, pencha la tete sur le coté, souriant d'un sourire étrange, qui lui faisait plisser les yeux.
« je m'appelle calyxe, calyxe swipe »
les choses se précipitaient autour de sadli. Calyxe lui avait fait faire les pires choses.
Sadli ne sentait plus qu'un grand vide rempli d'un tourbillon infini qui tournait et retournait sa tete jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus.
La rue cohlic grush avait pris une allure bizarre. Elle suintait d'une tiédeur douloureuse et s'emplissait sans cesse d'un parfum étrange. Tout sneack city semblait meme avoir changé, pas forcément dans le bon sens, ni dans le mauvais. Elle semblait juste plus forte encore plus présente dans chaque parcelles du corps de sadli, l'etouffant chaque jour un peu plus. Sadli commençait à penser qu'il ne s'en sortirait jamais,qu'il était collé pour toujours à sneack city. Et l'atroce impression qu'il s'y habituerait peut etre tentait de s'insinuer en lui. Il voulait la mort de sneack city, mais ça avait de moins en moins de sens. Il ne comprenait plus rien. La ville semblait plongée dans un brouillard tantot doux et tiède, tantot glacé.
Les journées passent et sadli s'ennuie. Il brule de je ne sais quel feu, attendant quelque chose, il ne sait pas quoi.
Calyxe lui avait tendu une arme et sadli avait tué tout le monde. Des innocents, des jeunes gens comme lui,et dans un sursaut il s'était réveillé. Calyxe avait sourit et sadli avait compris le pouvoir étrange de ce garçon venu de loin. Calyxe l'avait aidé à étrangler tout ce qui le gênait, à tuer tous ceux qui le faisaient souffrir, mais il s'était toujours réveillé, et tout ceux qui étaient morts par sa faute s'étaient réveillés aussi. Sadli avait alors compris à quel point il n'avait pas voulu les tuer.
Il s'était toujours réveillé plein d'amour, qui débordait sans cesse de son petit être triste.
Calyxe avait beau lui jurer que ce n'était pas le but, qu'il ne voulait pas ça, sadli savait que calyxe n'etait pas le diable, il voulait juste le réveiller de son profond sommeil.
Mais sadli ne savait plus quoi faire de tout cet amour, ni de toute cette tristesse.
Sneack city se revetait chaque jour d'un voile encore plus sombre, d'une odeur encore plus pesante.
Il pleuvait sur sneack city, la ville des cafards, qui grouillaient encore plus qu'avant sur les trottoirs.
Sadli ne savait finalement plus ce qu'était sneack city.
Un démon, une cage immense, un oreiller si lourd qu'il éttouffe quiconque s'y repose. Une forteresse pourrie peuplée de rats ou d'anges. Des anges il y en avait. Au moins un, une. Une fée lumineuse comme la lune quand sneack city s'endort. La fée Babsi qui pesait aussi lourd sur sadli que sneack city.
Sadli versait des larmes sans s'en apercevoir. Les larmes de toute une vie qui s'échappaient de tout son corps. Quand il croyait qu'il n'en restait plus, d'autres naissaient et s'écrasaient à ses pieds. Adieu leur disait il, adieu on ne se reverra pas. Mais leurs soeurs arrivaient et l'emplissaient comme avaient fait les autres. J'en mourrais se disait sadli, je mourrais d'avoir versé tant de larmes mais il n'en mourrait jamais. Il ne savait plus quoi faire.
Alors calyxe arrivait, lui mettait une arme entre les mains, sadli déversait son angoisse sur des innocents et souriait de les voir s'écrouler à ses pieds, et il renaissait rempli d'un amour plus fort encore. Cet amour aussi ,il en mourrait.
La solution se disait il n'est pas de tuer les autres. C'es moi qui doit mourir. Mais son amour était si traitre qu'il le poussait à vivre encore, à ne pas quitter ceux qu'il aimait, malgré tout le mal qu'ils lui faisaient.
Il faisait sans cesse ses adieux a sneack city et à ses cafards, mais il ravalait ses mots et continuait son chemin, courbé sous le poids de la ville, dans l'attente de nouvelles larmes.
Un jour, je sourirait pensa-t-il. Et ce jour là ,sneack city s'écroulera et renaitra, douce et colorée. Elle s'appelera peter pan's city et tout le monde vivra heureux. Voilà peut etre ce qu'attendait sadli. Il ne fallait pourtant pas compter la dessus. Sadli savait bien qu'il mourrait avant d'avoir vu ne serait-ce que l'ombre d'une couleur sur un mur de sneack city.
Tant pis, sadli continuera à espérer, et il portera sa vie, aussi lourde soit-elle.
Il battait des ailes comme un oiseau,mais jamais il ne s'envolait. Triste sort pour sadli, silencieux, il attend derrière l'instant.
Il aurait tellement aimé qu'on se penche sur lui, ou mieux encore, qu'il s'élève vers les autres, mais dans le froid noir de sneack city, il restait courbé sur lui meme, gelant ses reves pour ne pas s'y noyer, comme faisait joseph planté sous la pluie.
Il attendait la nuit, mais elle ne lui apportait que des montagnes d'angoisse déjà moisie, qui le matin se changeaient en crampes terribles, paralysant ses mots avant meme qu'ils naissent, glaçant ses gestes, tuant ses pensées.
Pauvre petit sadli, baigné d'amour, vieillissant un peu plus chaque jour, priant pour qu'il n'en soit pas toujours ainsi, souhaitant la mort de sneack city.
Lettre d'adieu
« voilà, je crois qu'est venu le moment de me barrer de sneack city. Il faut que je me casse avant que je m'habitude a cette ville pourrie. Je vous avoue, si je vous dis adieu,c'est pas parce que les choses ont empirées, c'est au contraire parce que je sens que je vais m'accomoder à cette poussière, et que je vais comme les autres m'en retrouver couvert »
sadli essayait de s'approcher des anges, mais jamais les anges ne voulaient de lui. Bien sur, il n'avait pas d'ailes, bien sur ses cheveux étaient bruns comme le soir, et il ne savait pas voler,mais merde, il ne voulait rien d'eux, juste un peu de tendresse, un petit sourire. Il ne voulait pas qu'ils disent: tu es des notres. Mais ils pouvaient au moins dire : viens petit gars, tu nous plais bien. Mais il ne leur plaisait pas.
Les anges n'en avaient rien à foutre de lui, et plus ils étaient loin, mieux ils se sentaient.
Mais qu'est ce qu'ils coyaient ? Que sadli était un petit démon, un sale adorateur de satan , mauvais, insignifiant ?
Sadli backsick était pourtant un enfant doux et bon, une charmante ame juste un peu seule.
Sadli croyait que les anges étaient généreux, que les anges n'étaient qu'amour, mais les anges etaient comme tout le bestiaire de sneack city. Ils te regardaient du haut de leur montagne, te dévisageant d'un air méprisant ou ne te voyaient pas, trop occupés qu'ils étaient à voler entre les nuages, ne se préoccupant pas de ce pauvre enfant en train de mourir sur le trottoir/
putain d'anges qui puent, pensait sadli, mais il ne les en aimait que plus fort, toujours plus fort.
Adieu les anges, adieu sneack city, sadli s'en va rejoindre les monstres bleus cachés au fond de son placard.
Adieu tout le monde, je m'en vais finir de l'autre coté du mur, avec les monstres dans une éclaboussure.
C'est la greve des trains a sneack city, sadli est allé rue boring home, pour voir sa famille , et il ne peut plus regagner la rue cohlic grush. Il pensait que ce serait la plus belle chose qui pourrait lui arriver, de se tenir loin de cette rue avariée, mais il se rend compte qu'il s'est attaché à cette rue, incrusté en elle, infesté de son odeur.
C'est la grève du jour à sneack city. depuis longtemps il y fait nuit.
Chanson de sadli pour lui meme
ma tete ne me plaisait pas
j'ai décidé de l'abandonner
mais comme je n'y arrivais pas
j'ai décidé de la supprimer
en tirant dessus a bout portant
pour etre sur de ne pas la rater
je l'ai pas raté, je me sens plus léger
je n'aimais pas mon corps
alors j'ai voulu m'en séparer
mais je n'y suis pas arrivé
j'ai décidé de le faire exploser
on l'a retrouvé en petits morceaux
cuit comme une boulette grillée
j'en suis débarrassé
je détestais mon esprit
j'ai décidé de l'amputer
comme je n'y parvenais pas
j'ai essayé de l'endormir avec des cachets
pour enfin le tuer
un pour papa, un pour maman, un pour la route
un pour chaque dictateur qu'il aurait fallu trucider
un pour chaque homme qu'il aurait fallu sauver
mon cerveau s'est d'abord changé en chexing gum
puis en bouillie informe
plus une pensée pour le déranger
pour troubler un repos bien mérité
sadli n'est pas
je ne suis pas un ange, je ne suis pas beau, je ne suis pas bon, je ne suis pas intelligent, je ne suis pas un enfant, je ne suis pas un adulte, je ne suis pas heureux, je ne suis pas chaleureux, je ne suis pas un démon, je ne suis pas coloré, je ne suis pas aimé, je ne suis pas doué, je ne suis pas en avance sur mon temps, je ne suis pas en bonne santé, je ne suis pas en paix, je ne suis pas fier de moi, je ne suis pas méchant, je ne suis pas grand , je ne suis pas plein d'espoir, je ne suis pas courageux, je ne suis pas charmant, je ne suis pas gai, je ne suis pas plein d'humour, je ne suis pas travailleur, je ne suis pas plein d'amour, j ene suis pas un vaincoeur, je ne suis pas a l'aise, je ne suis pas de bonne humeur, je ne suis pas un reveur, je ne suis pas plein de rancoeur, je ne suis pas en vacances, je ne suis pas en avance, je ne suis pas bien habillé, je ne suis pas prisonnier, je ne suis pas un artiste, je ne suis pas un intellectuel, je ne suis pas un sportif, je ne suis pas sur de moi , je ne suis pas alcoolique, je ne suis pas drogué, je ne suis pas mourrant ,je ne suis pas vivant, je ne suis pas confiant, je ne suis pas atatrdé, je ne suis pas amoureux, je ne suis pas bourré, je ne suis pas défoncé, je ne suis pas parfait, je ne suis pas satisfait, je ne suis pas à ma place, je ne suis pas un dieu, je ne suis pas un homme, je ne suis pas peter pan , je ne suis pas écrivain, je ne suis pas perdu, je ne suis pas nu, je ne suis pas seul, je ne suis pas plein de talent, je ne suis pas admiré, je ne suis pas adoré, je ne suis pas vide, je ne suis pas mort, je ne suis pas au paradis, je ne suis pas en enfer, je ne suis pas bien, je ne suis pas fatigué, je ne suis pas éveillé, je ne suis pas jeune, je ne suis aps galant, je ne suis pas drole , je ne suis pas vieux, je ne suis pas envié, je ne suis pas, je ne suis pas chanceux, je ne suis pas résigné , je ne suis pas chez moi , je ne suis pas un bon fils, je ne suis pas innocent, je ne suis pas puissant, je ne suis pas respecté, je ne suis pas agréable à regarder, je ne suis pas poli , je ne suis pas gentil, je ne suis pas bavard, je ne suis pas rieur, je ne suis pas bon vivant, je ne suis pas riche, je ne suis pas content, je ne suis pas en colère, je ne suis pas avare, je ne suis pas un voleur, je ne suis pas honnete, je ne suis pas joyeux, je ne suis pas un mendiant, je ne suis pas sincère, je ne suis pas franc, je ne suis pas menteur, je ne suis pas bien avec les gens, je ne suis pas un grand garçon , je ne suis pas un gamin, je ne suis pas un être humain , je ne suis pas armé, je ne suis pas taré, je ne suis pas facho, je ne suis pas un salaud, je ne suis pas endormi, je ne suis pas obsédé, je ne suis pas violent, je ne suis pas dément, je ne suis pas responsable, je ne suis pas coupable, je ne suis pas un militaire, je ne suis pas un cadavre, je ne suis pas agéable, je ne suis pas en train de penser, je ne suis pas en train de fumer, je ne suis pas marrant, je ne suis pas apprécié, je ne suis pas insouciant, je ne suis pas en train de pleurer, je ne suis pas couché, je ne suis pas motivé, je ne suis pas doux, je ne suis pas gros, je ne suis pas effrayant, je ne suis pas énervé, je ne suis pas serein, je ne suis pas épuisé, je ne suis pas bete a pleurer, je ne suis pas un surdoué, je ne suis pas attachant, je ne suis pas attirant, je ne suis pas parfumé, je ne suis pas un bébé...
non, je suis pas, alors fuck.
Je vivais un calvaire sans fin, mais bien sur les autres s'en souciaient peu. Ils avaient assez à faire avec leur propre calvaire.alors bien sur, comme un abruti que je suis, sadli l'ahuri, je suis allé voir les anges. Ils ont battu des ailes et m'ont envoyé de leur poudre d'ange à travers la gueule. Ils ont fait les fiers, tout content d'etre admirén mais ne se précoccupant pas de savoir si j'avais besoin d'etre aidé. Les anges se sont envolés, ils ne m'ont meme pas regardé. Alors je suis allé voir les fées, je les ai cherché pendant des heures à travers les parcs puants de sneack city, derrière les fontaines, entre les branches des arbres sans feuille, mais j'en ai pas trouvé. Elles devaient me fuir, elles voulaient surement pas entendre mes gémissements, je les aurais pourtant pas ennuyé, j'aurais rien dit, je les aurais juste regardé et ça m'aurait fait du bien.
Tant pis. alors je suis allé voir les monstres comme d'habitude: quand les etres beaux et purs ne veulent pas de moi, c'est vers mes petits monstres immondes que je me tourne. Ils sont sales, ils sont laids, ils sont vicieux, ils sont bleus, mais il n'y a qu'eux qui me font du bien. Quand ils sortent de mon placard, c'est là que je me rends compte à quel point ils m'ont manqué, et à quel point j'ai besoin d'eux. Ils chantent, ils fument, ils vomissent et ils se battent, et je les aime.
Ils disent : sadli, notre préféré, on te chantera toujours des berceuses pour t'endormir, tu ne manqueras jamais d'eau à comas, on te roulera toujours tes joints de mort aux rats, et on étranglera sans cesse tes ours en peluche, on égorgera tes petits soldats, et on fumera toujours tes jouets.
Puis ils m'envoient dans les nuages, me rattrappent au vol et ça va mieux.
Sadli a cru au miracle, mais il s'est fait écrasé par ses illusions qui tachent autant que le colorant de vieux bonbons sans gout.
Et calixe est arrivé, tout souriant, un flingue à la main.mais sadli n'avait la force de tuer personne.il n'avait plus de force du tout.les litres d'alcool l'avaient transpercés et plus rien n'avait de gout, plus rien du tout.
Alors l'arme s'est tournée vers lui et il s'est tué,il a vu l'espace d'un instant son cercueil non, un cimetière écarlate, sneack city qui riait et babsi qui ne voyait rien. Il a vu des gens qui pleuraient et qui oubliaient, et une pauvre âme qui s'infiltrait dans le sol. Il n'y avait plus de couleur, plus d'odeur, ni gris, ni rose, ni douleur, ni sourire, plus rien qu'un grand vide qui fait tourner la tete, cette tete qui n'existe plus.
Mais il s'est réveillé, comme toujours, apres les tours de magie de calixe. Calixe a encore sourit mais sadli ne s'est pas réveillé plein d'amour comme chaque fois, il ne s'est pas réveillé meiux qu'avant, réconforté et plus fort encore. Il s'est réveillé en pleurant de voir la lumière du jour. Il avait peur à en perdre la tete, et un vieux sourire insensé et sans âme bloqué en travers de la gorge, lui coupant le souffle. Les larmes de toute une vie sont montées à ses yeux et plus douloureusement encore qu'avant il a pleuré, sans pouvoir retenir ses larmes, suffoquant au dessus de ses reves, mouillant ses cahiers et ses souvenirs. Ce coups ci il était vraiment perdu. Il avait cru toucher le fond mais cette fois ,il avait compris qu'il y a toujours plus profond que le fond, et il est allé s'oublié sous la pluie, cherchant la main froide et transparente de joseph, et ne la trouvant pas.
Il avait mal jusqu'à l'intérieur,il avait peur jusque dans ses os, il se sentait mourir. Je ne suis pas, s'est il dit, je ne suis rien. Ça a l'air con de dire ça, mais c'est si vrai. Un vague gamin grimaçant, un reflet pourri de miroir qui n'existe que quand les doux yeux bleus le regardent. Mais personne ne le regardait.dommage,sadli. A quoi tu sers ?
A déverser une tonne de tristesse de plus chaque jour ?
Merde, ça sert à rien, bordel à queue, fuck off, flute, zob, merde, enculé de ta sale race, de bite qui pue ta mère.
Et il a senti comme une drole de haine envers rien si ce n'est la terre entière.et il a pensé à des choses immondes.
« j'irais écarteler des enfants assis sur les bancs d'école, égorger des nouveaux nés à la sortie du ventre de leur mère, bruler les yeux des vieilles dames qui deja n'y voient plus rien, arracher les jambes et les bras des hommes forts, transpercer le ventre des femmes enceinte, j'exploserais la tete des vieillard invalides, je tirerais à bout portant sur tous ceux que j'aime, ou plutot que j'aimais, et leur sang tachera les murs, j'arracherais un a un les poils de tous les chiens et les chats, puis je les piétinerais, les écraserais, puis j'éclaterais à coup de matraque les fillettes qui jouent dans les jardins publiques, je ferais exploser toutes les écoles, les hopitaux, les creches et les jolies maisons, enfin je ferais bouffer leurs yeux et leurs doigts à tous les gens heureus, piétinerais la tete de tous ceux qui se lamentent sur leur sort, et je laminerais, brulerais, crucifierais les fous ,les goles, les mendiants, les riches, les hommes, les femmes, je ferais le plus grand génocide qui ait jamais eu lieu sur cette terre, je me retrouverais seul, avec autour de moi , mon beau crime contre l'humanité, l'humanité toute entière, il n'y aura plus un souffle de vie si ce n'est dans mes poumons, tout ne sera que cadavres, sang et yeux grands ouverts par la douleur d'avant la mort, et je serais fier d'avoir combattu et vaincu tout ce qui m'a fait souffrir, je serais le plus fort, et je pourrais enfin mourir et me changer moi aussi en cadavre, en étant sur que personne ne viendra faire faner et pourrir des sales fleurs sur ma tombe. »
sadli se nourrissait de ces atroces pensées esperant ainsi empecher son coeur de flétrir, car il avait froid partout dans le corps et tout autour il se figeait dans la glace, dans la terreur, dans l'angoisse.
Les anges, décidemment,pensait il, sont pires que les démons, ils te dévorent tout entier en te faisant croire que tu es la chose la plus dégueulasse qu'ils aient jamais gouté. Ils te disent que tu pues, que tu es laid, que tu es un monstre et tu y crois.qui sait s'ils ont raison . Personne n'ose leur donner tort, ils sont si beaux, si grand , lumineux et scintillants comme des étoiles. Mais les monstres bleus avaient raison. Il ne faut pas approcher les anges. Sadli savait bien qu'ils ne mentaient pas quand ils disaient que les anges le tueraient, qu'ils le tortureraient jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de lui,mais il n'avait pu se retenir d'aller les voir encore une fois, d'aller se bruler dans leur lumière et de repartir plus froid, plus gris, et plus sale encore.
A mort sadli, adieu sadli, adieu sneack city, adieu les anges, adieu les fées, allez tous vous faire enculer. Et ne revenez jamais. Sadli mourra, mais il vous entrainera tous avec lui.
Sadli pour une fois hait, il hait tout, mais il n'est rien.
Et il vous aime
à vous tuer peut etre
un ange. Un oiseau qui crie, une bougie qui attend. Une corde pour se pendre. Un silence qui se change en plomb. des plombs qui sautent . Un calendrier qui brule. Une horloge qui explose. Un meurtre. Un crime. Un cimetière.
Aujorud'hui c'est la guerre.sadli part tout seul à la guerre. L'ennemi c'est sneack city ou peut etre autre chose, il ne sait pas trop. Il serre les poings, les dents, et tout ce qu'il y a à serrer, et il a bien peur qu'a force de serrer,c'est lui qui finisse étouffé. Il serrerait bien autre chose, des petites mains étrangères, un joli corps, des épaules douces, mais il n'y a rien a serrer à sneack city, à part les poings et les dents.
On est tous morts un soir de janvier, après avoir trop hurlé contre le monde entier.
Chanson pour sadli pour mieux vomir.
De l'autre coté du mur,c'est pire que la mort
les cafards se rassurent, en pleurant sur leur sort
les rats jouent au pocher pour s'empecher de penser
puis ils dévorent leurs freres pour oublier qu'ils sont nés
la bas de l'autre coté, il fait trop froid pour mourir
il ne reste qu'a patienter, sans meme esperer s'en sortir
on a beau scier les barreaux des chambres capitonnées
il fait toujours trop chaud pour rever de s'en aller.
Il n'y a rien a faire de l'autre coté du mur
il n'y aura bientôt plus qu'a se taire dans une éclaboussure
de l'autre coté du mur, tu sais on étouffe toujours
dans un silence plus épais que la lumière du jour
et on meurt chaque soir avant d'aller dormir,
sans jamais avoir l'espoir d'en revenir.
Derrière le mur écoeurant, on ne pense plus a respirer
on ne sait plus depuis longtemps,derrière quoi se cacher
on sait juste qu'on existe jamais autant que dans sa peur
et pourtant tout le monde hait cette angoisse qui serre le coeur.
Il n'y a rien a faire de l'autre coté du mur
on aura bientôt tous l'air d'immondes éclaboussures
de l'autre coté du mur on ne sait plus rien du tout
la seule chose dont on est sur c'est qu'il va falloir creuser des trous
et que quand il n'y aura plus personne, l'air sera plus respirable
comme les heures qui résonnent , seront plus supportables
il n'y a deja plus assez de cachets, et plus assez à boire
pour endormir tous les desespérés qui voudraient bien ne plus voir
l'autre coté du mur et ses amours immondes
il ne leur reste qu'à compter sur l'espoir d'un autre monde.
Il n'y a rien de l'autre coté du mur,
on finira tous pas mourir dans une éclaboussure.
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