salie

 

 

 

SALIE

 

Salie à l’air las

Elle se soigne au Whisky-Coca

Elle a tant de cicatrices sur les bras

Qu’elle a l’air toute entière

D’une drôle de toile d’araignée

D’un vieux disque rayé

Salie, ça lui va, cette vie étrange qui s’écoule à grands pas

Elle avale ses 20 ans

Comme ces cachets que l’on prend

Pour empêcher de penser.

Elle a fait de l’ennui un vieil ami

L’ami parfait qui ne vous surprend jamais

Salie me dit parfois : « y a rien de mal à tout ça

On a qu’une vie, et la mienne n’est pas pour moi. »

Et c’est pour ça qu’elle cherche sans cesse

A faire que tout disparaisse

La douleur, la peur et puis le stress

Salie s’invente de bons moyens pour s’éloigner

Un peu d’alcool, un peu de fumée

Elle voudrait bien trouver quelqu’un qui soit à ses côtés

Mais moi, j’ai pas de temps pour ça

Pendant ce temps là, moi, je cherche mon chat.

 

Salie a l’air pâle de ceux qui ne dorment pas

Elle s’endort parfois dans un drôle de corps qui la déçoit

Elle a toujours l’air d’être là où elle ne devrait pas

Comme un insecte au milieu d’un bon repas.

Salie s’épuise à chercher quelque chose qui lui plairait

Salie s’amenuise, quand elle comprend qu’elle ne le trouvera jamais

Moi, je lui dis : « tout ira bien »

Je fais semblant de ne pas la comprendre

Pourtant, comme elle, je vis dans le rien

Comme elle j’ai froid à l’intérieur chaque matin

Et le soir est pire encore

Nos corps dans la nuit ne servent plus à rien

Notre esprit se charge de la douleur

Il renvoie des marées troubles, des gamins en pleurs

Salie aimerait qu’on parle de tout ça

Mais moi, pendant ce temps là, je cherche mon chat.

 

Moi, j’erre dans les rues, examine les moindres recoins

Je remue, retourne le vide, tout ce qui me tombe sous la main

Je crois voir ses yeux, je crois l’entendre

Je passe des temps vertigineux à m’imaginer le surprendre

Devant ma porte, ou par hasard dans le quartier

Je passe mes heures à l’attendre, je passe mes jours à le guetter.

 

J’aimerais tant aider Salie, je ne sais pourtant pas quoi faire

Salie s’éloigne sans arrêt, elle commence à se taire

 

Elle pense que ses soucis ennuient le monde

Que moi-même je n’en ai rien à faire

Pourtant, Salie, je voudrais être avec toi

Prendre tes mains, toucher la glace de tes doigts

Salie, moi aussi, j’ai des cicatrices plein les bras

Moi aussi, je ne sais pas trop ce que je fais là

Mais j’ai au moins un espoir, quand toi tu ne sais plus où tu vas

Quoiqu’il arrive, moi, je cherche mon chat.

 

J’erre dans les rues, examine les moindres recoins

Je remue, retourne le vide , tout ce qui me tombe sous la main

Je crois voir ses yeux, je crois l’entendre

Je passe des temps vertigineux à m’imaginer le surprendre

Devant ma porte, ou par hasard dans le quartier

Je passe mes heures à l’attendre, je passe mes jours à le guetter.

 

Salie est maintenant saoulée, de tout ce qui peut encore lui arriver

Ca sent l’hiver autour de nous, qu’y a-t-il à sauver ?

Salie décroît, se sent si bas

Qu’elle ne peut plus remonter

Salie s’en va, Salie s’enterre

Et moi je ne peux rien y faire

Mais j’ai retrouvé les yeux verts

Ceux que j’ai cherché à n’en plus pouvoir

Dans le corps de Salie étalé dans le noir

J’ai découvert, sous la poussière, ce qui guidait mes pas

Allongé sous ses paupières, j’ai retrouvé mon chat.

 

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Dernière mise à jour de cette page le 24/06/2008

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